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Revue de presse


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  • 04/11/2021 - Quand les banquiers d'affaires viennent à manquer

    Alors que l'activité est en plein boom, les banques d'affaires peinent à recruter et à conserver leurs équipes.

    Il n'y a pas que dans la restauration ou le bâtiment que la main-d'oeuvre fait défaut. Depuis la crise sanitaire, les banques rencontrent elles aussi des difficultés de recrutement. Le problème est particulièrement criant dans les banques d'affaires, qui peinent toutes à embaucher et à retenir les talents. « La tension est extrêmement forte », confirme Bertrand Thimonier, président fondateur d'Adviso Partners, une société de conseil en cessions, acquisitions ou levées de fonds. « On redoute de devoir refuser des dossiers », ajoute un banquier. »

    De fait, l'activité dans les banques d'affaires n'a jamais été aussi forte : alors que les marchés actions sont au plus haut, les introductions en Bourse se multiplient. Et, surtout, 2021 est une année record en matière de fusions et acquisitions. Or, après les confinements, un nombre non négligeable de jeunes banquiers en quête de sens (plus de 15 %, selon certains observateurs) ont renoncé aux salaires confortables de la banque d'affaires pour une vie plus calme.

    Hausse de 10 % à 15 % des salaires fixes
    Le phénomène est mondial. «Le métier de banquier d'affaires est très exigeant, avec des horaires sans fin. Mais il comprend aussi des avantages tels que des séjours d'affaires à l'étranger dans de beaux hôtels et des repas dans les grands restaurants, explique un expert. Or, pendant les confinements, tout ce qui rendait la profession attractive et acceptable a disparu. Et certains jeunes, isolés chez eux, ont jeté l'éponge et changé de métier.»

    D'autres ont choisi de faire jouer la concurrence. Le mercato n'a d'ailleurs jamais été aussi actif. Les banquiers les plus courtisés ont rejoint de grandes banques d'investissement américaines (JPMorgan, Goldman Sachs, Citi, Morgan Stanley...). Ce sont elles qui sont en pointe sur le marché mondial et ultracompétitif des fusions-acquisitions, et qui offrent des rémunérations réputées (très) généreuses. En parallèle, de plus en plus de financiers quittent l'univers de la banque pour rejoindre les industries de la tech et surtout du capital-investissement, aujourd'hui en plein boom. « On a vu des équipes entières de banquiers avec trois ou quatre ans d'expérience rejoindre des entreprises technologiques ou des fonds d'entreprises non cotées », constate ainsi Axel de Schietere, associé du cabinet de recherche de dirigeants Heidrick & Struggles. La tendance n'est pas nouvelle, mais elle s'est amplifiée avec la crise.» Les départs se seraient ainsi multipliés dans de grandes boutiques de la place de Paris. « Les fonds de capital-investissement sont très friands des équipes des départements de fusions et acquisition des banques », confirme Bertrand Thimonier. Les métiers sont en effet proches. Et le capital-investissement présente de nombreux avantages aux yeux des financiers. «Le secteur du non-coté leur offre un équilibre de vie un peu meilleur. Au lieu de changer en permanence de dossiers, les financiers suivent pendant trois à cinq ans environ une entreprise. Les rémunérations, au départ comparables à celles de la banque d'affaires, peuvent ensuite beaucoup grimper, explique Axel de Schietere. Mais qu'on ne s'y trompe pas, la pression reste importante.»

    Les tensions sont d'autant plus fortes dans les banques d'affaires qu'elles attirent moins de jeunes diplômés à la sortie des grandes écoles de commerce ou d'ingénieurs. La finance fait moins rêver que par le passé. « Nombre de jeunes diplômés préfèrent créer leur propre start-up », note Bertrand Thimonier.

    Résultat, les banquiers en place sont aujourd'hui extrêmement courtisés, recevant des offres d'emplois quasi quotidiennement. Pour les retenir, les banques ont toutes augmenté les salaires fixes de 10 % à 15 % en moyenne depuis janvier...! Voire beaucoup plus dans certains cas. Les bonus versés au titre de 2021 s'annoncent également confortables.

    Pour rester compétitives face à de redoutables concurrentes et motiver les troupes, certaines petites boutiques souhaitent associer leurs banquiers au capital. « Nous réfléchissons à mettre en place des plans d'actionnariat salarié », explique ainsi Bertrand Thimonier, d'Adviso Partners. Un plan d'actions gratuites est également en projet.