Contacts X

Bertrand Thimonier
Président, Fondateur
Guillaume Dary
Associé
Romain Massiah
Associé
Marc Lebrun
Associé
Guillaume Capelle
Associé
Gilles Coudon
Directeur Associé
Louis Vercken
Directeur Associé
Antoine Tanguy
Directeur Associé

Revue de presse


Retour
  • 08/10/2020 - Deuxième vague, le stress test

    Après avoir baissé la garde pendant l'été, l'exécutif renforce de nouveau les contraintes sanitaires face à l'évolution épidémique. Au prix d'arbitrages difficiles - et changeants - pour préserver la fragile reprise économique.

    Le Covid-19 est décidément coriace. « Nous avons réussi à endiguer le virus et à presque retrouver une vie normale, ça n'était pas une évidence », se réjouissait Emmanuel Macron le 14 juillet. Las, depuis le 23 septembre l'« alerte maximale » a fait son retour dans certaines métropoles. Le nouveau tour de vis du 6 octobre - bars fermés à Paris - pourrait être suivi par d'autres alors que Lille, Toulouse, Grenoble, Lyon s'approchent des seuils critiques.

    Budget de crise pour 2021...
    La deuxième vague est donc arrivée, avec des indicateurs de circulation du virus repartis dans le rouge qui font remonter la tension dans les hôpitaux et le retour de contraintes sanitaires qui plombent certains secteurs et créent une incertitude délétère. Au point que la Prix Nobel d'économie Esther Duflo en est venue à recommander un confinement national préventif du 1er au 20 décembre pour éviter de devoir « annuler » Noël ! « Pas question de remettre le pays sous cloche », assure-t-on du côté du ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance Bruno Le Maire, sorti de convalescence du Covid-19 à temps pour présenter un budget de crise pour 2021. L'exécutif veut à tout prix éviter de refaire de l'économie la variable d'ajustement face au péril sanitaire. Avec des arbitrages d'autant plus compliqués que, comme l'a montré la fronde des élus locaux du Sud devant les nouvelles restrictions, l'acceptabilité sociale est plus mitigée entre crainte du virus, peur de la banqueroute et ras-le-bol des contraintes au quotidien.

    Pourtant, le bel été avait laissé espérer un scénario plus rose. Les hôpitaux s'étaient vidés et les Français, grâce au généreux dispositif de chômage partiel et dans l'euphorie du déconfinement, avaient eu les moyens et l'envie de consommer. La saison touristique a été sauvée, les soldes se sont bien passés et les terrasses étaient bondées. Résultat : l'activité avait déjà retrouvé, fin août, 95 % de son niveau d'avant crise. A la rentrée, à condition de porter le masque, nouvel accessoire obligatoire, dans les transports, à l'école, dans les entreprises, tout repartirait comme avant. La prévision du gouvernement d'une récession de 10 % en 2020 paraissait même pessimiste.

    ...et relance à long terme
    C'est à ce moment que le plan de relance de 100 milliards a été conçu. Censé sonner l'heure de « l'investissement pour la France de 2030 », il fait la part belle aux mesures structurelles comme la baisse des impôts de production au nom de la compétitivité des entreprises, et aux investissements dans des secteurs d'avenir comme la transition énergétique, ou stratégiques comme la relocalisation industrielle. Mais, depuis, le climat a changé. L'inquiétude est revenue devant l'emballement de l'épidémie et, surtout, la reprise économique commence à s'essouffler. Côté ménages, l'Insee observe que les achats par carte bancaire se tassent depuis la rentrée. Côté entreprises, l'enquête mensuelle menée par l'institut Markit indique que les directeurs d'achat revoient à la baisse leurs perspectives de production, avec de fortes disparités entre secteurs. Si l'activité est repartie dans le bâtiment, les machines-outils et les services informatiques, les ventes de voitures, après rattrapage, fléchissent. Et d'autres secteurs sont, eux, toujours englués, comme l'aéronautique, « qui pèse 10 % de nos exports et devrait donc aggraver lourdement notre déficit commercial », prévient Emmanuel Jessua, économiste de Rexecode. Surtout, les contraintes sanitaires continuent de grever les activités de services, notamment le tourisme, les loisirs, la culture, l'événementiel.

    Voir l'article au format PDF