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Revue de presse


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  • 09/04/2020 - La valeur travail, gagnante de la crise du coronavirus ?

    Les faits : Selon un sondage Odoxa-Adviso Partners publié jeudi, le Covid-19 aura un impact positif sur le rapport au travail et l'image des entreprises.

    Parmi les valeurs à qui l'on prédit un regain d'estime dans la société une fois l'épidémie de Covid-19 terminée, dans le « monde d'après », on entend beaucoup parler d'Etat-providence, de socialisme, de relocalisation et de souveraineté, d'anti libéralisme, d'écologie... Et si la valeur gagnante au sortir de la crise était tout simplement le travail ?

    Le confinement nous empêche de travailler soit normalement, soit tout court . Une partie des salariés français continue de se déplacer sur son lieu de travail, s'exposant potentiellement au Covid-19 ; une autre partie télétravaille tant bien que mal ; et près d'un tiers (!) des salariés du secteur privé est au chômage partiel, a indiqué jeudi l'Insee - et donc touche 70 % de son salaire net. Il est loin le bon vieux temps où l'on pouvait travailler en paix !

    Un sondage réalisé par Odoxa-Adviso Partners (auprès de 3 004 personnes, du 25 au 30 mars 2020) et publié jeudi laisse entrevoir de beaux jours à la valeur travail. 67 % des actifs déclarent que le confinement forcé favorise leur réflexion sur l'intérêt de leur travail, et 69 % sur « ce qui compte vraiment professionnellement ». Pour 66 %, la période leur fait apprécier l'intérêt de croiser tous les jours du monde au travail. Pour 72 %, elle favorise la réflexion sur l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et l'amélioration de l'organisation entre ces deux dimensions (70 %).

    Rôle structurant. Toujours selon ce sondage, les trois quarts des Français pensent que les entreprises se sont bien comportées durant cette crise. « Avec le télétravail et c'est le grand enseignement du baromètre, l'entreprise a aussi maintenu le lien au monde, le lien aux autres et, en aplanissant les barrières, a finalement installé plus de proximité qu'on ne l'imaginait, analyse Bertrand Thimonier, président d'Adviso Partners. Le travail en sort valorisé. »

    C'était le pari d'un collaborateur de Bercy dès la première semaine de confinement. L'ennui chez soi, il en était convaincu, ferait piaffer les employés pour reprendre le travail. « Une fois qu'ils seront enfermés chez eux avec conjoint et enfants, je leur donne une semaine ! » riait-il. Coïncidence ? En dix jours fin mars, après l'appel « aux bras » du ministère de l'Agriculture et du syndicat agricole FNSEA, près de 150 000 salariés confrontés à l'arrêt de leur travail se sont portés volontaires pour devenir « saisonniers », a indiqué au Monde Jean-Baptiste Vervy, le directeur de la plate-forme recueillant les candidatures.

    « Le confinement va confirmer [...] le caractère très structurant du rôle du travail dans notre vie, explique la sociologue spécialiste du travail Dominique Méda au magazine Pour l'Éco. Le travail, même à distance, va peut-être détourner notre esprit de ce moment angoissant. Peut-être va-t-on également prendre conscience de l'inutilité d'un certain nombre de réunions et de dispositifs, ou encore, comprendre, grâce au télétravail, que les salariés ont de nombreuses ressources. Bref, nous allons apprendre énormément de choses sur la place du travail dans nos vies.»

    Crainte de chômage. Le travail occupe les pensées des Français aussi sous le versant des inquiétudes. L'Hexagone connaîtra en 2020 sa pire récession depuis 1945. Mécaniquement, des suppressions d'emplois suivent toujours les baisses d'activité. Elles seront probablement limitées et temporaires, grâce aux mesures de soutien publiques, et au fait que l'économie doit redémarrer pour retrouver sa normale à partir de fin 2021. 39 % des Français redoutent une baisse de leur salaire et une perte d'emploi, selon une autre étude, publiée jeudi par la plateforme de recrutement Glassdoor. L'organisation internationale du travail (OIT) estime que 6,7 % des heures de travail dans le monde pourraient disparaître au deuxième trimestre, soit 195 millions d'équivalents temps plein pour une semaine de 48 heures, dont 125 millions en Asie, 24 en Amérique et 20 en Europe.

    Enfin, le travail sera interrogé dans son organisation et sa rétribution. Organisation mondiale car l'Elysée estime que la division internationale du travail ne va plus, et qu'il faut relocaliser en France certains emplois liés aux activités stratégiques. Rétribution car de nombreux observateurs critiquent le décalage entre l'utilité sociale des métiers en première ligne aujourd'hui (personnel médical, caissiers, livreurs, routiers...) et leur rémunération salariale. En novembre dernier, le congrès de la CFTC avait mis à l'honneur la valeur travail, mais « nous n'imaginions pas alors avec quelle urgence et quelle gravité elle se rappellerait à nous 4 mois plus tard », écrit le président du syndicat Cyril Chabanier, qui plaide pour « reconsidérer l'apport de ces métiers à l'économie réelle ».


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