Contacts X

Bertrand Thimonier
Président, Fondateur
Elizabeth Ollieric
Capucine Dalmas
Romain Massiah
Associé
Guillaume Capelle
Associé
Guillaume Dary
Associé
Gilles Coudon
Directeur Associé
Marc Lebrun
Associé
Louis Vercken
Directeur Associé

Revue de presse


Retour
  • 03/10/2019 - Day by Day pèse dans le vrac

    Fondée en 2013, l'enseigne séduit une clientèle soucieuse de consommer autrement. Elle vient d'ouvrir un corner en hyper et de lever 5 millions d'euros.

    L'été dernier, les habitants d'Ermont, dans le Val d'Oise, ont pris l'habitude de venir dans leur hypermarché Cora avec des Tupperwares et des bocaux plein leur panier. Le responsable ? Le magasin Day by day, Mon épicerie en vrac, de 120 mètres carrés, ouvert le 8 août au sein de la grande surface. Pâtes, lentilles, épices, shampooing, lessive, vinaigre... Ici, tout se vend au poids et avec succès. « En trois semaines,les ventes ont atteint 20 000 euros, 138 % de plus que l'objectif », se réjouit David Sutrat, cofondateur de Day by day, qui mène parallèlement des tests dans six supermarchés Match et Smatch, du même groupe Louis Delhaize, au Luxembourg.

    Ironie de l'histoire, c'est pour pallier les errements de la grande distribution que My Retail Box, la maison mère de Day by day, est née en 2013. « Les hypers et supers démontaient leurs rayons de vrac faute de modèle,se souvient Didier Onraita, l'autre cofondateur. Le vrac se gère comme un rayon frais traditionnel : il faut beaucoup de main-d'oeuvre pour éviter la casse et le vol. Difficile dans la grande consommation,avec ses faibles marges. » Le duo est convaincu d'avoir trouvé la clé pour démocratiser ce concept : créer son propre écosystème, gage de confiance et de praticité, en s'implantant au coeur des villes de plus de 50 000 habitants.

    Offre large et traçabilité
    Son idée est aussi de mettre assez de personnel en magasin, pour le garder propre, aider le client à peser et remplir son bocal, et vérifier qu'il ne glisse pas un article dans sa poche. Enfin, les deux fondateurs sont convaincus qu'il faut proposer une offre large, de 750 références,sûres et tracées, en détaillant la provenance(à 70 % française), le type d'agriculture (25 % de bio) et les ingrédients.

    Pour minimiser l'empreinte carbone,les magasins de l'Ile-de-France sont livrés depuis l'entrepôt de Dreux (Eure-et-Loir) par des camions qui apportent les bacs déjà remplis et récupèrent ceux qui sont vides. Au retour, ils les déposent à l'usine de lavage située à Buc (Yvelines), sur la route, où ils reprennent les bacs propres, ensuite rapportés à Dreux. En province, les camion s'approvisionnent les marchandises dans leur contenant d'origine. Charge aux gérants de laver les bacs. En plus de cette logistique coûteuse, « nous ne pouvions endosser de gros frais de personnel, pointe Didier Onraita, et posséder les murs ne nous apportait rien ». La solution ? Ouvrir tous les points de vente (56 en France, Belgique et Luxembourg) en franchise, confiés à des gérants sélectionnés pour leur engagement écologique plus que leur passé commerçant. En 2016, à 50 ans, lassée de travailler pour des grands groupes, Rozenn Fontanel a franchi le pas. « Je cherchais une relation humaine et bienveillante », raconte cette ex-directrice commerciale.Le duo et son entreprise à mission, où l'écart salarial ne dépasse pas un multiple de 5, l'ont séduite. Aujourd'hui, la gérante de deux magasins parisiens assure que « le concept fonctionne bien ». Un euphémisme. Il y a un an, le business a explosé. « Il y a eu la démission de Hulot, l'émission Cash investigation sur le plastique, la Marche pour le climat, énumère la franchisée. En septembre, notre chiffre d'affaires a doublé par rapport à 2017. » Et depuis le soufflé n'est pas retombé. Experte à Nielsen, Catherine Urvoy pointe que « 37 % des Français consomment du vrac » et assure que le marché vase développer. Didier Onraita l'estimeà 1,3 milliard d'euros, dix fois plus qu'en 2013. Malgré l'absence de publicité, les clients se ruent à Day by day. Si certains déplorent les prix trop élevés ou la faible part du bio et du local, beaucoup sont fans, comme Annaïg Honnet : « Il y a un choix large de produits. Et un super épicier répond à mes questions ! » Cette année, l'entreprise, rentable depuis 2018, atteindra un chiffre d'affaires de 12 à 15 millions d'euros (30 à 35 millions pour le réseau). Les franchisés affluent. Les concurrents aussi. En mai, Biocoop a ouvert un magasin « anti-déchets », à Paris(XXe). « Chez nous, le zéro-déchet s'étend aux fruits, légumes et produits frais », se targue Hélène Person, responsable innovation et marques. La grande distribution, elle, élargit ses rayons de vrac, tandis que les épiceries spécialisées fleurissent.

    Déploiement international
    Alors, les fondateurs de Day by dayse sont résolus à lever des fonds. « Si nous voulons changer le monde, nous devons aller vite, partout,et développer des produits introuvables en vrac comme les jus oules confitures », justifie David Sutrat. Les fonds à impact ont applaudi. « Citizen Capital, Alter Equity,CM-CIC Investissement et Arkéa ont tous été séduits par ce dossier très précurseur », salue Guillaume Dary, associé à Adviso Partners, leur conseil dans cette opération. C'est finalement Amundi Finance et Solidarité qui a investi 5 millions d'euros dans l'entreprise, valorisée 12 millions. « Nous avons eu un coup de coeur pour le duo, raconte Matthieu Azzouz, gérant du fonds Amundi Finance et Solidarité. Leur thématique colle aux attentes des consommateurs,et la franchise leur permet de se développer partout. »

    Le déploiement va s'accélérer en France, avec 15 à 20 nouveaux magasins par an, comme en Belgique, aux Pays-Bas et au Canada. Pour conquérir les petites et moyennes villes, à l'aide de corners dans les supérettes, les entrepreneurs ont créé deux autres concepts : Poids & Mesure et A la pesée. En parallèle,industriels et distributeurs regardent de près le phénomène Day by day. Dans le XVIIe arrondissement de Paris, un distributeur de yaourt Danone a été testé avec succès. Emmanuel Faber, le PDG, s'est déplacé en personne. Preuve que le vrac a changé d'échelle.

    Voir l'article au format PDF